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ACTED : un accès durable à l’assainissement en Côte d’Ivoire

18.11.2016

De janvier 2013 à septembre 2016, ACTED – association de solidarité internationale française agissant pour le soutien et l’accompagnement des populations vulnérables – a lancé un vaste projet d’accès à l’assainissement dans trois quartiers défavorisés du district d’Abidjan, programme soutenu par le Fonds SUEZ initiatives.
À l’occasion de la Journée Mondiale des Toilettes, Jérémy Lescot, Directeur Pays d’ACTED en Côte d’Ivoire, en dresse le bilan.

Crédit : ACTED



Comment le projet ACTED en Côte d’Ivoire est-il né ?

Jérémy Lescot : Ce projet est né du constat par nos équipes présentes sur le terrain, de problèmes graves liés à l’assainissement et à la santé dans les quartiers précaires. Il faut savoir que sur les 5 millions d’habitants du district d’Abidjan, dont au moins 2 millions vit dans ces quartiers, seuls 30% sont reliés aux réseaux d’égout. Pour la majorité, il est d’usage d’utiliser la rue pour déverser ses eaux ménagères mais aussi comme toilettes avec des conséquences désastreuses sur l’hygiène, la salubrité et l’environnement. En Côte d’Ivoire, le nombre de décès liés aux maladies hydriques est de plus de 400 pour 100 000 habitants, contre 100 à 200 au Ghana, par exemple.

En quoi consiste ce projet ?

J.L. : Avec nos partenaires techniques locaux EAA (Eau et Assainissement pour l’Afrique) et la DAD (Direction de l’Assainissement et du Drainage), nous avons mené ce projet dans 3 quartiers défavorisés du district d’Abidjan autour de 3 thèmes principaux : l’assainissement, la collecte des déchets et la sensibilisation des populations sur les bonnes pratiques d’hygiène. Dans les communes d’Abobo et Yopougon, nous avons installé des latrines dans 150 cours privées, autour desquelles vivent en moyenne une quarantaine de personnes. On y a par ailleurs installé des lavoirs pour que les eaux usées soient déversées non plus dans la rue mais dans le réseau d’égout puis dans des fosses de décantation avant d’être traitées. De plus, après un énorme travail avec les mairies et les communautés, nous avons pu remettre en place une organisation de précollecte des ordures rendue quasi nulle par la crise politique de 2011. Enfin, nous avons lancé plusieurs grandes campagnes de sensibilisation comprenant des visites à domicile, des spots publicitaires à la radio et des scénettes jouées directement dans la rue et mimant les bonnes pratiques.

Crédit : ACTED

Quels sont ses objectifs ?

J.L. : Il s’agit bien évidemment d’améliorer les conditions sanitaires de ces populations mais aussi et surtout, de les rendre autonomes pour qu’elles bénéficient d’un accès à l’assainissement qui soit véritablement durable. Pour cela, nous avons sollicité et impliqué dès le début du projet, les autorités locales et communautaires. Nous avons ensuite pu créer des très petites entreprises (TPE) composées d’habitants des quartiers ayant déjà un lien avec l’assainissement. Nous les avons formés à l’entretien des latrines ainsi qu’à la gestion d’une petite entreprise comprenant notamment la revente, auprès des maraîchers avoisinants, des fertilisants naturels issus de ces toilettes sèches. Concernant l’entretien des réseaux d’égouts et la sensibilisation des communautés, nous nous sommes appuyés sur les Comités d’hygiène et d’assainissement (CHA) que nous avons renforcés et dotés de matériel. Aujourd’hui, le dispositif peut fonctionner sans aide extérieure, grâce à une micro-contribution payée par les ménages des quartiers. Des « journées de salubrité » durant lesquelles tous les habitants d’un quartier nettoient les rues, sont également organisées pour favoriser l’engagement de tous.

Maraîchers utilisant des fertilisants naturels – Crédit : ACTED

Quel en est le bilan ?

J.L. : Malgré les difficultés rencontrées notamment la faible implication de certains bénéficiaires du projet et le scepticisme des maraîchers quant à l’utilisation d’engrais issu de déjections humaines, le bilan est néanmoins très positif : un quartier est parfaitement autonome et un autre en passe de l’être. Ce n’est pas du 100% mais c’est déjà une belle réussite.


Le Fonds SUEZ initiatives soutient des actions concrètes luttant durablement contre les exclusions, par l’accès aux services essentiels dans les pays en développement. Retrouvez ici les actions menées par le Fonds SUEZ initiatives dans le monde.





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