open_resource : idées, points de vue
et solutions des acteurs de la révolution de la ressource



← Retour Solutions  

Comment New York entend devenir la « ville la plus durable au monde »

26.05.2015

Après le dynamisme économique, la fréquentation touristique ou encore la qualité de vie, la durabilité s’impose peu à peu comme le nouveau terrain de compétition entre les grandes métropoles. Lutter contre le réchauffement climatique, mieux préserver ses ressources… ces combats constituent autant une nécessité économique et sociale qu’un enjeu d’image. New York, encore peu identifiée sur ces enjeux, entend en faire un de ses axes stratégiques sous l’impulsion de son nouveau maire, Bill de Blasio, qui a récemment dévoilé sa vision stratégique pour la ville : « OneNYC ».


Extrait du site http://www1.nyc.gov/html/onenyc//index.html

En matière de déchets, New York reprend à son compte l’objectif « Zero Waste » porté et médiatisé par la ville de San Francisco. Les mesures pour l’atteindre sont multiples. D’abord, le développement du compostage grâce à la généralisation de la collecte de déchets organiques sur les trottoirs, déjà accessible aujourd’hui à 100 000 foyers. Une usine de valorisation énergétique va également être construite pour transformer, grâce à la digestion anaérobie, jusqu’à 500 tonnes par jour de ces déchets en méthane destiné au chauffage.
Autre mesure prévue : la création d’ici 2020 d’un flux unique de recyclage des autres déchets ménagers (papier, carton, verre, plastique rigide…) jusqu’ici traités selon deux flux séparés. La municipalité entend profiter des derniers progrès technologiques de l’industrie des déchets pour lever le frein du tri sélectif auprès des New Yorkais qui se traduit actuellement par un faible taux de recyclage (42%).
La municipalité souhaite par ailleurs travailler avec les industriels et la distribution pour accélérer la recyclabilité des produits. La ville veut parallèlement interdire certains matériaux non recyclables (mousse de polystyrène expansé, sacs plastiques à usage unique…) et favoriser la réutilisation et le recyclage des textiles et déchets électroniques. Autre projet : mettre en place le principe du pollueur-payeur en récompensant par des réductions de taxes les habitants les plus vertueux qui jetteront moins et recycleront plus. Une mesure, déjà en vigueur aux Etats-Unis comme dans la ville de San José qui pourrait réduire, selon la mairie, de 30% la quantité de déchets collectés.

Extrait du site http://www1.nyc.gov/html/onenyc//index.html

La ville n’en est pas moins ambitieuse en matière de gestion de l’eau. Une posture qui s’explique par sa situation géographique, autant que par ses infrastructures. New York dispose d’un système de traitement des eaux très étendu et vieillissant (7 500 miles d’égouts, 14 stations d’épuration, 5 milliards de litres d’eaux usées traités quotidiennement) et de la plus grande réserve d’eau non filtrée au monde (un milliard de litres d’eau potable par jour). La municipalité doit s’atteler à d’importants chantiers destinés à réduire les risques d’inondation, sécuriser l’approvisionnement en eau, améliorer la gestion des eaux pluviales ou limiter la pollution des eaux de ruissellement.
Régulièrement, la ville est aussi confrontée à des épisodes climatiques extrêmes (comme l’a rappelé l’épisode Sandy en 2012, ou les températures hivernales) qui engendrent des complexités additionnelles dans la gestion de l’eau. À l’hiver 2014, SUEZ environnement North America a ainsi diffusé dans l’État de New-York des consignes pour aider les consommateurs à lutter contre le gel de leurs canalisations ou encore ménager des stockages d’urgence d’eau potable, pour faire face à d’éventuelles coupures de service.
La ville souhaite enfin lancer un vaste plan de rénovation et de construction de fontaines de rue pour limiter la consommation des sodas sucrés et, « Zero Waste » oblige, inciter les New Yorkais à remplir leurs « waterbottles » plutôt que d’acheter des bouteilles d’eau en plastique.