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La Boite à Champignons, l’entreprise qui cultive des pleurotes grâce à du marc de café

30.11.2016

Faire des déchets des uns une ressource pour d’autres : un principe inspiré de l’économie circulaire, au cœur du business model de La Boîte à Champignons. Cette entreprise francilienne créée en 2011 s’est donnée pour mission de transformer le marc de café en substrat pour la culture des champignons, tout en contribuant au développement local en recrutant des personnes éloignées de l’emploi. Arnaud Ulrich, l’un des trois co-fondateurs, nous en dit plus sur cette entreprise d’agriculture urbaine, qui marie économie circulaire et économie solidaire.




Pouvez-vous nous présenter l’entreprise La Boîte à Champignons ?
Comment est né ce projet ?

Arnaud Ulrich : Notre objectif est de rendre des services à la ville ! Comment ? En transformant les résidus urbains en alimentation de qualité, en créant de l’emploi pour des personnes en insertion, en diffusant ce modèle dans les maisons, les entreprises, les écoles grâce à différents produits et services. Pour nous, recycler du marc de café pour faire pousser des pleurotes, c’est transformer un déchet disponible localement en ressource alimentaire : c’est l’idée un peu folle d’agriculture urbaine que nous avons lancée en 2011. Depuis, Cédric Péchard, Grégoire Bleu et moi-même – les 3 fondateurs – développons ce modèle économique novateur, pensé pour répondre aux contraintes et besoins des villes. On « upcycle » en imitant la nature, qui ne connaît pas la notion de déchets. Ainsi, nous transformons le marc de café collecté en substrat pour cultiver des pleurotes, cuisinés par les grands chefs étoilés de Paris, puis nous le confions en bout de chaîne aux maraîchers pour fertiliser leurs cultures.


Quelles sont les différentes étapes du procédé, depuis la récupération du marc de café jusqu’à sa valorisation en culture de champignons ?

A.U. : Nous collectons le marc de café en volume auprès d’entreprises franciliennes, puis nous le pasteurisons sur notre site de production. Il est ensuite mélangé avec des copeaux de bois et le mycélium de pleurote (= la graine du champignon). Des personnes en insertion professionnelle réalisent ces préparations et les intègrent, d’une part, à des maxi-sacs de culture destinés à la culture de pleurotes frais, récoltés et vendus chaque jour aux restaurants et aux chefs étoilés d’Ile-de-France, et d’autre part, aux Boîtes à Champignons, les kits de culture destinés à la vente aux particuliers.

Crédit : La Boite à Champignons


Votre entreprise s’inscrit à la fois dans l’économie circulaire et dans l’économie solidaire. Quels sont les points communs entre ces deux modèles ?

A.U. : Dans un modèle d’économie solidaire, on croit que chacun a sa place. Dans un modèle d’économie circulaire, on cherche à créer de la valeur à partir d’une ressource souvent inexploitée… les déchets. Créer de nouvelles ressources en faisant confiance aux personnes éloignées de l’emploi, c’est une démarche qui répond au même impératif : préserver notre patrimoine environnemental, nos ressources et capitaliser sur l’humain.


Vous avez lancé en 2013 les kits de culture « La Boîte à Champignons » auprès des particuliers : quel bilan en tirez-vous ?

A.U. : Nos kits de culture sont les versions miniatures de notre entreprise. Avec ces kits, c’est l’économie circulaire qui est accessible à tous. En 2013, nous lançons notre première Boîte à Champignons « Prête à Pousser ». En 2015, nous lançons, le kit « A Faire Soi-Même ». Ce kit va encore plus loin dans l’implication de l’utilisateur qui doit lui-même transformer son marc de café en délicieux champignons.
En 2016, nous avons adapté ce concept aux enfants avec la Kipousse : un kit pour vivre 5 expériences incroyables (recycler, créer son substrat, cultiver, jardiner, cuisiner). Pour aller plus loin encore, nous avons créé un kit pédagogique pour les écoles.


Avez-vous de nouveaux projets en développement ? 

A.U. : Oui, bien sûr. Par exemple, toujours dans une démarche d’économie circulaire, nous développons actuellement un nouveau produit : les micro-pousses. Ces « mini » plantes se nourrissent du C02 dégagé par la culture de champignons.

Crédit : La Boite à Champignons





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