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La « démocratie environnementale » a désormais son palmarès mondial

02.06.2015

A la croisée entre les palmarès mondiaux de durabilité et les indices relatifs à la situation des droits de l’homme et de la démocratie, un nouvel indice s’intéressant à la démocratie environnementale des pays vient de voir le jour. Conçu par le think tank américain WRI (World Resources Institute) et le réseau TAI (The Access Initiative), ce nouvel outil vise à mesurer et comparer les pays à la lumière de leurs dispositifs juridiques en faveur de la préservation de l’environnement, de la transparence de l’information ou de la capacité offerte aux citoyens de peser dans les décisions.

En lançant le 20 mai dernier l’EDI (Indice de la démocratie environnementale), le WRI (World Ressources Institute), think tank qui travaille depuis 1982 sur les moyens de concilier le développement économique et la protection de l’environnement, ne cache pas ses ambitions. « L’EDI sera un outil essentiel pour aider à résoudre les problèmes mondiaux environnementaux, comme la qualité de l’air, la pollution de l’eau ou la réduction de la biodiversité », annonce-t-il. Rien de moins. Reste qu’à la lumière des avancées récentes rendues possibles par la mobilisation de l’opinion sur les questions d’environnement, ce nouvel indice pourrait jouer un rôle important dans les années à venir. Sa conception repose en effet sur l’idée que la participation active des citoyens de chaque pays à la défense de l’environnement est une garantie de progrès. Or, pour qu’ils puissent y participer, faut-il encore qu’on leur en donne la possibilité. D’où le concept de « démocratie environnementale ».


Extrait de http://www.environmentaldemocracyindex.org//

Pour le WRI, celui-ci repose sur trois droits fondamentaux : celui d’accéder librement à l’information sur l’environnement, celui de participer pleinement à la prise de décision et, enfin, le droit de réclamer l’application de la loi et la réparation des dommages environnementaux grâce à une justice indépendante et équitable.
Pour cela, chaque pays doit disposer de l’arsenal règlementaire et juridique adhoc. Mais aussi faire en sorte qu’il soit réellement appliqué dans les faits. Ce sont ces deux aspects que se propose de mesurer l’EDI.
Le WRI se base donc sur une centaine d’indicateurs. 75 d’entre eux sont à caractère juridique et se basent sur des normes établies par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) lors du Sommet de Bali en 2010. 24 autres indicateurs étudient comment les pays les appliquent dans la pratique. Pour établir ses notations qui seront mises à jour tous les deux ans, le think tank a fait appel dans chaque pays à deux avocats et experts spécialistes du droit de l’environnement.

A ce jour, 70 premiers pays ont été passés au crible des indicateurs avec quelques manques surprenants ; ainsi la plupart des pays de la vieille Europe ne sont pas classés « faute de données ». D’autres pays majeurs sont en cours d’évaluation comme la Chine ou l’Inde. Quant au premier palmarès, il est aussi plein de surprises. Le Top 10 des pays réunit dans l’ordre décroissant, la Lituanie, la Lettonie, la Russie, les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, la Hongrie, la Bulgarie, Panama et la Colombie.

Mis à part quelques interrogations suscitées par les notes de certains pays, les résultats, accessibles gratuitement à tous sur le Web sont riches d’enseignements. Ainsi, si la plupart des pays ont défini un droit à l’information environnementale, l’accès à celle-ci reste difficile dans 45% d’entre eux. De même 75% des pays sont mal notés sur le critère de la participation du public aux décisions. Mais au-delà des résultats globaux, l’intérêt du site réside dans ses fiches par pays. On peut y consulter les notes détaillées de chacun d’entre eux, ses bonnes pratiques, les progrès qui lui restent à faire ou encore la réponse du gouvernement à sa notation. Le site permet aussi de comparer plusieurs pays entre eux afin d’inciter les plus mal notés à renforcer demain leur « démocratie environnementale ».