open_resource : idées, points de vue
et solutions des acteurs de la révolution de la ressource



← Retour Solutions  

La filtration biologique : comment les plantes rendent les piscines plus « naturelles »

05.05.2015

Dans les piscines, la désinfection de l’eau passe le plus souvent par un recours au chlore et aux produits chimiques. Depuis quelques années, villes et architectes s’intéressent de plus en plus aux capacités d’autoépuration des milieux aquatiques pour se passer de désinfectants et créer des piscines dites « naturelles ». Si les premières ont vu le jour dans les pays à forte sensibilité écologique comme l’Autriche et surtout l’Allemagne, c’est au coeur de Londres que s’inaugure ce mois-ci une piscine naturelle.

Situé dans le quartier en réhabilitation de King’s Cross, l’étang artificiel « Of Soil and Water » d’une superficie de 400 m2 respecte les principes des piscines naturelles : pas de chlore pour traiter l’eau, ni de système de chauffe pour le confort des baigneurs. La clarté et la propreté de l’eau sont obtenues par l’action de filtration de plantes immergées soigneusement sélectionnées. Pour autant, l’équilibre de cet écosystème est fragile. D’où la consigne de ne pas accepter plus de 163 visiteurs par jour.

Au-delà des vertus environnementales de ce projet – pas d’eau chlorée rejetée ni de CO2 consommé pour faire fonctionner la pompe de filtration – « Of Soil and Water » a une vocation complémentaire aux frontières de l’art et de l’éducation. Les concepteurs de l’étang, un cabinet d’architectes néerlandais (Ooze) et une artiste slovène (Marjetica Potr), ont voulu en faire un laboratoire et une installation dans lequel des citadins comprennent la fonction d’un écosystème, prennent conscience de leur rapport à la nature et de leurs interactions avec elle pour faire de chacun d’eux un acteur de sa préservation.

La capacité épuratoire des milieux aquatiques constitue une solution de plus en plus utilisée pour traiter les eaux usées, soit pour des particuliers, soit comme un traitement complémentaire aux stations d’épuration. C’est par exemple le cas de la Zone Libellule© (Liberté Biologique et Lutte contre les polluants Emergents), une zone humide artificielle installée par SUEZ environnement en aval de la station d’épuration St-Just-St Nazaire (France), constituée d’une grande variété de plantes aquatiques au pouvoir dépolluant. Dans ce cas comme à Londres, le bénéfice environnemental est doublé d’un bénéfice éducatif, puisque cette zone humide constitue un lieu de visite et de pédagogie pour les élèves et habitants de la région.