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Le dessalement de l’eau de mer, une solution au stress hydrique

11.02.2015

Cent éléphants sur une plaque d’égout : l’équivalent de la pression exercée sur l’eau pour la débarrasser de son sel de mer. Si le développement de la désalinisation a longtemps été freiné par son coût financier et énergétique, les progrès dans la technique de l’osmose inverse, associée à des technologies de pointe, changent la donne et les usines de désalinisation apparaissent aujourd’hui comme l’une des solutions les plus prometteuses pour lutter contre la rareté de l’eau.

Comment fonctionne le dessalement ? L’eau est d’abord pompée dans l’écosystème marin. Une fois débarrassée des grains de sable et des algues, l’eau est filtrée dans des membranes extrêmement fines sous une très forte pression. L’eau saumure récoltée, extrêmement salée, est traitée, diluée et réintégrée dans la mer, tandis que l’eau pure récupérée est enrichie de sels minéraux et est ainsi rendue potable.


Racks d’osmose inverse dans l’usine de dessalement d’eau de mer de Llobregat en Espagne, constuite par SUEZ ENVIRONNEMENT. © Abacapress / Michel Martinez Boulanin »

Cette solution contribue à lutter contre le stress hydrique, sujet sur lequel le constat est sévère : en 2030, 3,9 milliards de personnes devraient vivre dans un pays de fort stress hydrique. Une situation d’autant plus alarmante que les pays devant affronter cette situation sont souvent ceux dont la population croît le plus.

Une des solutions les plus prometteuses se trouve donc dans les océans, représentant 97,5% des réserves d’eau de la planète. L’usine de dessalement de Melbourne, en activité depuis 2012 et gérée par SUEZ ENVIRONNEMENT (Degrémont) fait référence et permet aujourd’hui d’alimenter en eau l’agglomération, sans craindre la faiblesse des précipitations. Des éoliennes l’alimentent en énergie, lui conférant une autonomie énergétique.

200 millions d’habitants sont aujourd’hui alimentés en eau dessalée dans le monde. A long terme, cette solution pourrait sécuriser l’approvisionnement en eau de 40% de la population mondiale vivant à moins de 100km de la mer.