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Le recours à l’énergie solaire pour démocratiser le dessalement de l’eau de mer

20.05.2015

Le dessalement de l’eau de mer intéresse décidément le MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il y a trois ans, l’une de ses équipes de chercheurs suggérait d’utiliser des membranes de graphène pour accélérer l’osmose inverse et réduire la consommation d’énergie. Aujourd’hui, des ingénieurs de l’institut de recherches ont été récompensés par le premier prix du concours Desal 2015 pour leur projet d’usines mobiles fonctionnant à l’énergie solaire. Une idée prometteuse qui permettrait de démocratiser le dessalement dans les pays émergents.

Le recours à l’énergie solaire pour dessaler l’eau de mer n’est pas une idée nouvelle. Mais la solution mise au point par l’équipe d’ingénieurs du MIT associée à l’entreprise américaine Jain Irrigation Systems a l’avantage de rendre abordable une technologie complexe. Ils ont ainsi créé une petite unité mobile dont la capacité permet d’alimenter en eau potable un village. Son coût d’exploitation est fortement réduit grâce à l’énergie solaire qui remplace les combustibles fossiles et au choix de la technique de l’électrodyalise. Des panneaux photovoltaïques rechargent les batteries alimentant un électrodyaliseur. Celui-ci permet l’extraction des ions Na+ et Cl- (ceux constitutifs de la molécule du sel) qui est assurée par leur migration à travers des membranes sous l’action d’un champ électrique. Les rayons ultra-violets du soleil sont en outre utilisés pour désinfecter l’eau douce. Au Nouveau-Mexique, 8 000 litres ont ainsi été dessalés en 24 heures.


Les lauréats du MIT/Jain Irrigation Systems. Crédits Photo : ©Alexander Stephens, Bureau of Reclamation

Reste que les ingénieurs du MIT ne sont pas les seuls à s’intéresser au “dessalement solaire“. L’équipe thermique de l’IUT de Saint-Malo, en partenariat avec l’École polytechnique de Thiès (Sénégal) et la faculté des sciences de Monastir (Tunisie) travaille également sur le sujet. Pour atteindre leurs objectifs d’autonomie et rendre leur prototype plus économique, les étudiants et leurs professeurs ont opté pour un principe peu gourmand en énergie : la vaporisation de l’eau de mer sous vide à 70°C au lieu de 100°C, suivie d’une condensation pour récupérer l’eau douce. Leur prototype est actuellement en test et pourrait déboucher sur des petites unités trouvant leur place dans des villages isolés ou sur des bateaux.