open_resource : idées, points de vue
et solutions des acteurs de la révolution de la ressource



← Retour Solutions  

L’essor de l’agriculture urbaine : un complément sérieux à l’agriculture rurale

18.02.2015

Depuis quelques années, les potagers en plein air et les serres se sont installés sur les toits plats des immeubles américains et se développent dans de nombreuses grandes villes du monde. Bien plus qu’un phénomène de mode, cette agriculture urbaine est un moyen pour les citoyens de se réapproprier la ville et de préserver les ressources naturelles. Et l’ampleur qu’elle a prise lui donne un réel poids économique.

Cette nouvelle forme d’agriculture repose sur le savoir-faire du citoyen-jardinier, et est pratiquée sur de plus petites surfaces que l’agriculture rurale. Elle résulte d’une prise de conscience des citoyens qui affichent un intérêt croissant pour l’origine et la qualité de leur alimentation. Et les circuits alimentaires courts nécessitent de rapprocher le producteur du consommateur.


© Getty / linephoto

L’agriculture urbaine commence à l’échelle des particuliers – citadins engagés – qui entretiennent un potager sur leur balcon ou dans un jardin communautaire ; les Nations Unies estiment qu’un mètre carré de superficie permet de récolter 20kgs de nourriture par an. C’est ainsi que Montréal dédie 128 hectares de sa superficie à l’agriculture et ne compte pas moins de 367 ruches, produisant trois tonnes de miel par an.

Elle se poursuit à l’échelle des villes, où des architectes et des urbanistes inventent des fermes urbaines adaptées à leur environnement. Principal obstacle au développement de l’agriculture urbaine : les toits et les friches industrielles réaffectées ne suffisent pas. C’est ainsi que l’idée de bâtir de vraies fermes verticales high-tech a germé. L’américain Dickson Despommier a théorisé ce principe : selon lui, l’urbanisation croissante poussera vers ce modèle d’agriculture verticale. Une seule limite demeure : la culture de céréales et la pratique du pâturage, très consommatrices de superficie, ne sont pas compatibles avec les milieux urbains. Ce sont les légumes et les végétaux les plus fragiles, perdant de leurs qualités nutritives au cours de leur transport, qu’il est le plus intéressant à cultiver en ville. La FarmedHere de Chicago, la plus grande ferme verticale au monde (8 400 mètrse carrés), produit ainsi essentiellement du basilic, de la salade et de la roquette.

Une approche qui a traversée l’atlantique. La Ville de Paris vient de s’engager à investir 8 millions d’euros pour développer les initiatives en la matière. On estime qu’à terme 230 000 Parisiens pourraient être nourris en légumes frais produits à Paris. Et si l’agriculture urbaine ne remplacera pas l’agriculture rurale, elle la complète et pérennise en cela la ressource.