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Marine Plastic Debris and Microplastics : un nouveau rapport du PNUE sur la pollution plastique dans les océans

22.08.2016

Début juin, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) publiait un rapport intitulé Marine Plastic Debris and Microplastics – Global lessons and research to inspire action and guide policy change.

Ce rapport met en évidence les conséquences de la pollution marine aux plastiques et évoque les différentes solutions envisagées pour répondre à ce « problème commun à l’Humanité » . Focus sur les principaux enseignements.


Une hausse continue de la production mondiale de plastique

En 1950, la Terre comptait 2,5 milliards d’êtres humains, et la production de plastique annuelle s’élevait à 1,5 millions de tonnes. En 2016, avec plus de 7 milliards d’habitants, la production de plastique dépasse les 300 millions de tonnes. D’après le PNUE, si cette tendance continue près de 33 milliards de tonnes de plastique auront été accumulées d’ici 2050. Une production croissante liée à l’évolution des usages et des changements démographiques, qui a pour conséquence l’augmentation du nombre de déchets plastiques rejetés dans les océans.


Le plastique, principal composant des déchets retrouvés dans l’océan

En 2010, le PNUE estime qu’entre 4,8 et 12,7 millions de tonnes de plastique ont fini dans les océans. Les déchets les plus courants sont les filtres de cigarettes, les sacs plastiques, le matériel de pêche comme les filets, et toutes sortes d’emballages. Entre 60 et 90% des déchets marins sont fabriqués à partir d’un ou plusieurs polymères de plastique, comme le polyéthylène (PE), le polyéthylène terephthalate (PET), le propylène (PP) ou le polyvinyle chloryde (PVC). La plupart d’entre eux ont une durée de dégradation extrêmement longue. Par conséquent, la majorité des plastiques fabriqués aujourd’hui mettront des dizaines voire des centaines d’années avant de disparaître.


L’étendue de la pollution plastique

La pollution plastique se retrouve sur les littoraux, à la surface de l’eau, ou encore dans les fonds marins. Les déchets plastiques sont source de mortalité ou de maladie pour la faune marine, entraînant suffocations, enchevêtrements ou intoxications. Des microparticules d’un diamètre inférieur à 5mm issues de matériaux plastiques se fragmentant sous l’effet des vagues et du soleil sont également présentes dans l’océan. On les retrouve dans les estomacs des organismes marins comme les moules, les vers et le zooplancton. Les nanoplastiques, quant à eux, d’à peine un demi-millimètre, sont si petits qu’ils peuvent pénétrer les membranes cellulaires et les noyaux de cellule des petits animaux marins. Ainsi ces débris invisibles à l’œil nu pénètrent la chaine alimentaire à sa source. Un débris mesurant quelques millimètres produit 1000 milliards de nanoparticules de 100 nanomètres !


Le coût de la pollution plastique

Pêche, transport maritime, tourisme ou encore économie des loisirs… Nombreux sont les secteurs d’activité impactés par cette pollution. Selon le PNUE, le coût naturel estimé de la pollution plastique marine serait d’environ 8 milliards de dollars par an. Le domaine du transport maritime est par exemple directement impacté : les déchets plastiques peuvent notamment encrasser les systèmes de propulsion ou de réfrigération, et provoquer pannes et retards.


Des solutions transverses pour un problème global

L’ampleur du phénomène nécessite des actions à tous les niveaux, impliquant l’ensemble des parties prenantes : entreprises, associations, citoyens, autorités publiques… Agir en amont pour réduire la production de plastique est une nécessité. Cela doit s’accompagner du renforcement, partout dans le monde, de filières efficaces de collecte et traitement des déchets. Cela passe aussi par la valorisation des plastiques, leur recyclage et leur réutilisation (ex : l’association Net-Works récupère les filets abandonnés et les transforme en tapis). Il s’agit aussi de multiplier les campagnes de prévention (« No butts on the beach » en Grande Bretagne) et favoriser les bonnes pratiques environnementales (« NOWPAP, best practices guidelines for tourists »). Ainsi le sondage MARLISCO mené dans plusieurs pays européens a révélé que 30% des personnes interrogées sous-estimaient le rôle du plastique dans la pollution marine. Enfin, des mesures réglementant par exemple les activités de pêche (ex : labelliser les différents composants d’un filet), la consommation (interdiction des sacs en plastique dans de nombreux pays) ou encore des mesures financières incitatives (consignes pour les bouteilles) constituent d’autres leviers d’action pour lutter contre la pollution plastique des océans.


Voir le rapport Marine Plastic Debris and Microplastics





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