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santé et bien-vivre au cœur de l’attractivité des villes : Jean-Louis Chaussade propose sa vision d’un défi majeur en lien avec la révolution de la ressource.

14.06.2016

Dans la rubrique « Challenge », Jean-Louis Chaussade propose sa vision d’un défi majeur en lien avec la révolution de la ressource. Pour ce numéro, il apporte son point de vue sur la manière dont les politiques de développement urbain peuvent contribuer à la santé des citadins.

Crédit : SUEZ / William Daniels

Dès le XIXe siècle, le développement des villes a été marqué par le mouvement hygiéniste, qui a fait de l’urbanisme l’un des moyens de lutte contre la propagation des maladies contagieuses et des épidémies. Construction des réseaux d’eau et d’assainissement, lutte contre les eaux stagnantes… autant de mesures qui participent alors d’une volonté d’organiser la ville dans un souci d’amélioration de l’hygiène publique, de la salubrité et de la santé des habitants. 



En 2030, 600 métropoles regrouperont 60% de la population mondiale. Alors que les villes ne cessent de se développer et de se densifier, elles concentrent toujours de multiples sources de stress, de pollutions et de nuisances qui ont un impact considérable sur la santé des citadins. Allergies, diabète, obésité ou encore dépression… de nombreuses pathologies se développent. Le coût de l’impact de la seule pollution de l’air en matière de santé est estimé à environ 3 500 milliards de dollars par an pour les pays de l’OCDE, la Chine et l’Inde. Chaque année dans le monde, 3 millions de personnes meurent prématurément des conséquences de cette pollution.

En constante progression, ces chiffres considérables nous obligent à nous interroger sur la manière dont les villes peuvent, dans le contexte actuel de croissance démographique et d’urbanisation exponentielle, garantir la santé, la qualité de vie et l’épanouissement de leurs habitants. Nous devons reconsidérer les politiques d’aménagement du territoire comme un facteur clé du bien-être des citadins et concevoir la santé non pas comme l’absence de maladie ou d’infirmité, mais comme « un état complet de bien-être physique, mental, et social» (OMS).

La santé est autant affaire de prévention et d’épanouissement personnel que de guérison. Cette acceptation large de la santé permet d’appréhender la multitude des facteurs qui l’affectent et la diversité des solutions qui existent pour la préserver et l’améliorer.

Un consensus existe sur le fait que favoriser des modes de transport alternatifs à la voiture participe à l’amélioration de la qualité de l’air, à la lutte contre le changement climatique, et plus simple- ment, au calme et à la tranquillité de la ville. Pour les bénéfices individuels et collectifs qu’ils apportent, nous nous devons donc de favoriser la mobilité douce et notamment la marche à pied dans nos villes.

De la même manière, les espaces verts, les plans d’eau et autres zones récréatives sont à la fois esthétiques, apaisants et des solutions contre les îlots de chaleur et des problèmes respiratoires tels que les allergies. Les parcs, promenades, lieux de rencontres et d’échanges potentiels sont essentiels à la création de lien social. Facteur d’épanouissement personnel, ce dernier se retrouve également renforcé par les pratiques en plein essor d’agriculture urbaine, dans une logique de circuits courts et de proximité. D’autres dynamiques participatives ajoutent encore à l’efficacité des mesures : en devenant des acteurs de leur ville, les citoyens deviennent acteurs de leur propre santé.

De nombreuses solutions techniques et technologiques existent déjà pour réduire les pollutions et les nuisances urbaines. La performance des réseaux d’eau potable et d’assainissement augmente constamment et nous sommes capables de dépolluer des sols grâce à l’ingénierie végétale (bioingénierie) et aux techniques de la bioremédiation, de capter le CO2 pour soutenir nos efforts dans la lutte contre le changement climatique, d’optimiser les tournées de collecte de déchets et de limiter les nuisances sonores et olfactives. Dans une démarche d’adaptation au changement climatique, les décideurs publics ont pleinement intégré à leur réflexion et à leurs actions la thématique de résilience, notamment face aux catastrophes naturelles. Certains dispositifs en sont une bonne illustration, comme par exemple les solutions qui optimisent en temps réel la gestion des flux grâce à des techniques de modélisation prédictive afin de lutter contre les inondations.

Ce foisonnement de solutions, qu’elles soient technologiques ou organisationnelles, qu’elles aient trait à l’urbanisme ou à la gouvernance, ouvre un champ des possibles et nous enseigne une chose : ce n’est que dans la transversalité et par une vision globale des services urbains que nous trouverons une solution adaptée à la multitude de défis auxquels les villes devront de plus en plus faire face dans les années à venir. Ainsi seulement, nous pourrons façonner, ensemble, des environnements favorisant bien-être, qualité de vie, épanouissement et santé.



Retrouvez cet article dans le deuxième numéro d’open_resource magazine :
« Façonner la ville-ressource »





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