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Séminaire International des Doctorants Eau & Santé : un évènement dédié à la qualité de l’eau

23.06.2017

Du 26 au 28 juin 2017 se tient à Cannes la 9ème édition du Séminaire International des Doctorants Eau & Santé. Organisé par SUEZ et les Universités de Lorraine (France) et Bonn (Allemagne), cet évènement offre l’opportunité à 20 doctorants venus du monde entier de présenter leurs travaux à des universitaires et des industriels, et favorise les échanges et la réflexion autour des thématiques liées à l’eau et la santé.

Rencontre avec deux membres du comité scientifique du séminaire : Philippe Hartemann, président du jury et Professeur de Santé Publique à l’Université de Lorraine et Jean-François Loret, responsable du département Santé et Environnement chez SUEZ.


Crédits : ©SUEZ/William Daniels



Pouvez-vous nous présenter le séminaire ?
Jean-François Loret : Le séminaire a été créé il y a maintenant 9 ans à l’initiative d’universitaires français et allemands pour officialiser une initiative informelle qui avait débuté quelques années plus tôt. Depuis son origine, SUEZ assure l’animation du comité scientifique qui a à charge la sélection des dossiers. Concrètement, des doctorants travaillant sur de nouvelles problématiques liées à la qualité sanitaire de l’eau (microbiologie, chimie, nouvelles technologies de traitement de l’eau) nous adressent le résumé de leurs travaux et une vingtaine d’entre eux est sélectionnée par le comité scientifique pour participer au séminaire. Pendant le séminaire, à la suite des présentations des différents travaux de recherche, le comité scientifique distingue plus particulièrement les travaux d’un étudiant. Nous proposons également à l’ensemble des étudiants de publier leurs travaux dans un numéro spécial de la revue scientifique « International Journal of Hygiene and Environmental Health« .


Quels sont les principaux enjeux en matière de recherche autour de la problématique « Eau & Santé » ?
Philippe Hartemann : Depuis les débuts de ce séminaire, les enjeux de la qualité sanitaire de l’eau sont reflétés dans les sujets traités par les étudiants. Il y a des enjeux socio-démographiques comme l’accès à l’eau potable, notamment avec les Water Safety Plans, des enjeux scientifiques liés à la microbiologie (résistances aux antibiotiques, études des virus), à la chimie et à la toxicologie (résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens, autres micropolluants…) et des enjeux techniques avec le traitement de l’eau. Par exemple, aujourd’hui, nous travaillons sur des techniques avancées comme l’utilisation des membranes en eau potable et les traitements tertiaires sur les eaux résiduaires.


Ces enjeux ont-ils évolué depuis la création du séminaire ?
P.H. : Il y a eu une évolution notable, pour deux raisons. D’une part, les progrès techniques depuis 10 ans ont été considérables et nous travaillons désormais sur des thématiques nouvelles. Sur le sujet des polluants par exemple, nous étudions aujourd’hui des concentrations très faibles, de l’ordre du nanogramme par litre. Cela n’était pas possible avant : nous sommes donc passés de l’analyse « macro » à l’analyse « nano » grâce à la performance des nouveaux outils. En deuxième lieu, nous avons assisté à une évolution complète du profil des étudiants en thèse avec l’émergence de jeunes chercheurs issus des pays en développement. Ils travaillent sur des thèmes de recherche tels que l’accès à l’eau potable, en intégrant les contraintes climatiques et techniques locales.


En quoi consiste l’engagement de SUEZ dans ce projet ?
J.F.L. : L’eau est une ressource fragile et chez SUEZ, nous devons anticiper en permanence l’émergence de nouveaux polluants chimiques ou biologiques : ce séminaire est important pour notre dispositif de veille scientifique. Mais, ce séminaire est aussi un moyen de construire une relation pérenne avec des scientifiques de renommée internationale dans le domaine de l’eau. Ces experts nous conseillent et nous orientent sur des problématiques internationales de santé liées à l’eau. De plus, ils sont en relation avec les instances de réglementation (agences sanitaires, ministères, OMS) et nous pouvons ainsi leur communiquer nos contraintes d’exploitation sur le terrain.


Comment cette thématique « Eau & Santé » s’inscrit-elle dans les nouveaux enjeux de la ressource ?
J.F.L. : Nous parlons de plus en plus des circuits courts mettant en œuvre de nouvelles technologies comme la réutilisation des eaux usées ou encore le dessalement. Ces nouveaux usages de l’eau soulèvent de nouvelles questions : qu’est-ce qu’un risque acceptable ? Quels sont les bons indicateurs de sécurité sanitaire et comment les mesurer rapidement ? Toutes ces questions sont abordées durant le séminaire.


Quels sont vos critères de sélection des sujets de thèses abordés pendant le séminaire ?
P.H. : Parmi la cinquantaine de sujets reçus, nous sélectionnons majoritairement les étudiants en troisième année de thèse avec un sujet présentant un haut niveau scientifique. Nous essayons aussi d’être le plus représentatif possible quant à la provenance géographique, au profil des étudiants et à la thématique abordée.

J.F.L. : Nous sélectionnons les sujets en fonction de leur excellence, de leur originalité et de leur capacité à répondre à une problématique actuelle ou future. Le potentiel d’application technique à court terme, d’ici deux à trois ans, de ces sujets est également un critère important.


Finalement, comment le lauréat se distingue-t-il ?
P.H. : Le lauréat est sélectionné par le comité scientifique et les étudiants eux-mêmes. Il y a presque toujours un consensus autour de la première place ! La qualité de la présentation, la pertinence des réponses aux questions et l’originalité du sujet sont les principaux atouts du futur lauréat.

J.F.L. : Pour compléter, je dirais que dans le travail scientifique, la communication est importante et nous sommes sensibles à la capacité de conviction de l’étudiant.


Le séminaire permet aux étudiants d’échanger avec des chercheurs issus de milieux universitaires et industriels : en quoi ces deux approches sont-elles complémentaires ?
J.F.L. : Aujourd’hui, la recherche se nourrit des problématiques de terrain et inversement, les industriels vont chercher auprès des laboratoires universitaires des réponses à leurs questions. A l’issue du séminaire, le comité de pilotage du programme de recherche en santé et environnement de SUEZ traduit toutes ces informations et les intègre, en fonction des cas, dans la conduite des exploitations de traitement d’eau ou dans des thématiques de recherche.

P.H. : Les deux approches que vous évoquez sont devenues convergentes car le financement public de la recherche universitaire dans ce domaine est quasi-inexistant. Aujourd’hui, dans les universités, ce type de recherche doit être plus ou moins appliqué et se fait donc souvent en partenariat avec le milieu professionnel.





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