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Téléphone mobile : pourquoi son recyclage doit devenir un réflexe

05.03.2015

Or, zinc, coltan ou nickel ne sont pas les ingrédients d’un élixir alchimique, mais les composants minéraux d’un téléphone mobile. Des ressources non renouvelables, dilapidées au vu de la durée d’utilisation des portables : les Français et les Américains en changent en moyenne tous les 18 mois. La durée de vie de ces appareils s’établit pourtant entre 4 et 7 ans selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Pour enrayer ce gaspillage, une solution simple existe : déposer son portable soit auprès de son opérateur téléphonique soit auprès d’une société dédiée à la reprise de téléphones.

Si le mobile est réparable, il sera reconditionné et remis sur le marché, souvent à un prix bien inférieur que les neufs (jusqu’à 75% de moins). Cette remise dans le circuit limite le prélèvement sur la ressource car c’est la fabrication qui représente l’essentiel de l’impact environnemental (80% selon l’ADEME). Le fonctionnement du téléphone a donc une empreinte écologique beaucoup plus limitée.


© SUEZ ENVIRONNEMENT / William Daniels

Si le portable n’est pas réparable, il sera envoyé dans un centre spécialisé. Les matières toxiques (plomb, mercure, arsenic), contenues notamment dans la batterie, seront identifiées et traitées afin d’éviter qu’elles n’atterrissent dans le milieu naturel : une batterie peut polluer jusqu’à 600.000 litres d’eau. Les différents matériaux sont récupérés et réintroduits dans la fabrication de nouveaux équipements ou valorisés.

Plus de 1,8 milliard de téléphones portables ont été achetés dans le monde en 2013, mais seuls 3% d’entre eux sont recyclés, selon l’université britannique Shieffied Hallam. Certains téléphones sont échangés de main en main entre particuliers, mais 44% d’entre eux finissent par dormir dans les tiroirs. Plus largement, c’est l’ensemble des déchets d’équipements électriques et électroniques DEEE qui constituent un enjeu majeur : rien qu’en France, un million de tonnes de matériaux (l’équivalent de 25 porte-avions Charles-de-Gaulle) ne sont pas récupérés chaque année alors même que 78 à 85% de la matière de ce type de déchet peut être valorisée.