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Un rapport du PNUE met en avant les ressources potentielles que constituent les eaux usées

23.11.2015

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et le Stockholm Environment Institute (SEI) ont publié au mois d’octobre une étude sur l’enjeu de la valorisation des eaux usées domestiques. Partant du constat que les rejets des villes représentent chaque année près de 330km3 d’eaux usées, l’étude s’intéresse aux divers procédés de récupération et de réutilisation de ces ressources potentielles.


Crédit: Thinkstock – hxdyl


Des ressources potentielles multiples !

Un tel volume, s’il était traité et recyclé, serait suffisant pour irriguer 40 millions d’hectares de terres agricoles ou bien générer assez de biogaz à partir des boues pour alimenter en énergie 130 millions de foyers! À titre d’exemples, cela représenterait 15% des besoins actuels mondiaux en irrigation. Vientiane, la capitale du Laos, pourrait ainsi grâce à ses eaux usées produire du biogaz en quantité suffisante pour faire circuler un bus sur 10 000km. Les possibilités de valorisation des eaux usées d’une ville ne se limitent pas au recyclage ou la production de biogaz, ainsi que le rappelle le rapport : les boues d’épuration contiennent également des composants utilisés dans la plupart des fertilisants et pourraient fournir 25% de l’azote et 15% du phosphore utilisés à ces fins. En d’autres termes, une ville de 10 millions d’habitants produit chaque année un volume d’eaux usées qui permettrait de fertiliser 500 000 hectares de terres agricoles. De ce fait, les rejets ont aussi une valeur économique! L’étude PNUE/SEI estime par exemple la valeur des eaux rejetées quotidiennement par les villes côtières indiennes à 17 millions de dollars.

Des problématiques économiques… mais aussi culturelles

L’impact sanitaire et économique d’un réseau d’assainissement déficient ou peu développé est conséquent. En Inde par exemple, l’amélioration du système d’assainissement permettrait de réduire de 54 milliards de dollars les coûts en matière de santé et d’approvisionnement en eau. L’étude met en avant une sélection de « best practices » et de solutions destinées à valoriser ces ressources, et rappelle au préalable les prérequis à une valorisation efficace : un bon système d’assainissement ne doit pas seulement être économiquement viable et techniquement fiable, il doit aussi s’adapter au fonctionnement institutionnel et culturel local, ainsi qu’aux risques naturels régionaux.
Par exemple, à Hölö en Suède, la faible densité de population rend la mise en place d’un système d’assainissement centralisé irréalisable économiquement. Les acteurs locaux ont alors choisi d’instaurer un procédé de collecte des eaux usées dans lequel elles sont transportées par camion jusqu’à des unités de stockage qui les valorisent en engrais pour les exploitations locales. D’autres exemples de ce type d’usage sont mis en avant par l’étude, au Burkina Faso ou en Bolivie par exemple.
Enfin, d’autres approches sont évoquées : faire appel à la capacité épuratoire des plantes, telles que les lentilles d’eau, pour traiter les eaux usées stockées dans des lagunes ; utiliser les boues résiduelles comme matériaux de construction en Suède ; ou encore utiliser les boues comme nutriments pour l’élevage d‘insectes (qui s’en nourrissent), destinés à l’alimentation animale, comme le fait la start-up Ynsect en France.





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