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Un risque de « méga-sécheresses » pèse sur les Etats-Unis, selon la NASA

20.03.2015

Une étude co-signée par la NASA et publiée le mois dernier dans la revue Science Advances porte l’attention sur un risque de “méga-sécheresses“ (mega-droughts) aux États-Unis. Des prévisions critiques, que les chercheurs lient au réchauffement climatique, et qui vont impacter l’agriculture et la gestion des ressources en eau.

La sécheresse constitue un risque qui marque le territoire et l’histoire des américains, depuis la grande sécheresse des années 1930 jusqu’aux épisodes récents, avec onze des quatorze dernières années qui ont vu des sécheresses toucher la plus grande partie de l’ouest américain dont la Californie, le Nevada et le Nouveau-Mexique.

Et ce phénomène n’est pas prêt de s’inverser : en analysant des données couvrant plus de mille années, les chercheurs de la NASA aboutissent à des scénarios alarmistes. Selon eux, des méga-sécheresses ont une probabilité de 80% d’advenir entre 2050 et 2099, et toucheraient notamment l’Ouest et les grandes plaines du centre.

Au-delà de leur intensité, c’est la durée de ces épisodes qui en indique l’urgence : ils pourraient durer 30 à 35 ans. Toby Ault, climatologue de l’Université Cornell et l’un des auteurs de l’étude, confie avoir été “vraiment surpris de constater combien l’avenir dans ces régions sera probablement très sec (…). Ces super-sécheresses ressemblent à un désastre naturel au ralenti“.

Les risques associés à ces méga-sécheresses sont multiples : l’agriculture, la végétation, mais également l’alimentation en eau des populations seront impactés. Ils interrogent surtout la gestion de la ressource en eau. Avec le recul du niveau des nappes phréatiques, la baisse des niveaux des réservoirs… il est nécessaire de repenser la gestion de la ressource en eau. D’autant que les prévisions de cette étude rappellent un épisode remontant au 12e et 13e siècle appelé par les climatologues « anomalie climatique médiévale », et qui aurait contribué à l’effondrement de la civilisation amérindienne des Anasazis.

Pour se prémunir de tels risques, solutions voient déjà le jour aux Etats-Unis telles que le dessalement ou le re-use.
En Californie par exemple, on recense actuellement près de 20 projets d’usine de dessalement qui permettront de sécuriser l’approvisionnement de ressources alternatives en eau potable.
À Los Angeles (El Segundo), SUEZ environnement exploite une usine de recyclage des eaux usées qui permet une gestion optimisée des eaux : cinq qualités différentes d’eau garantissent des usages aussi variés que l’arrosage des jardins publics ou privés, l’irrigation, l’approvisionnement en eau des chaudières et tours de refroidissement des raffineries et la reconstitution des nappes souterraines.

Autant de solutions conçues pour répondre au stress hydrique actuel. Et au regard des prévisions de la NASA, il apparait essentiel de continuer à développer ces initiatives pour limiter l’impact qu’auraient les “méga-sécheresses“ sur l’ensemble des populations de l’Ouest américain.

Retrouvez l’intégralité de l’étude sur le site de Science Advences.